Date de parution 06/09/2012
Sciences humaines (H.C.)
224 pages - 17.00 € TTC
Auschwitz est comme un trou dans notre histoire, au-delà même d’une tragédie, si l’on donne à ce terme les connotations nobles et élevées qu’on lui associe d’ordinaire. Dès lors, la question, pour nous tous, est de savoir dans quel espace nous pouvons vivre si nous acceptons d’ « habiter cette catastrophe », si, au lieu de vouloir l’intégrer dans un ordre quelconque en essayant d’en tirer des leçons, nous la vivons comme indépassable.
Ce livre passe en revue les catégories devenues classiques pour analyser la Shoah : génocide, banalité du mal, devoir de mémoire... Il les critique toutes. Il ne les refuse pas, mais s’efforce, respectueusement, d’en montrer les limites. Par sa seule existence, la Shoah récuse d’une manière abyssale nombre de présupposés de la tradition philosophique et politique occidentale : par exemple la représentation de l’homme comme « animal raisonnable » et l’opposition entre cette rationalité et des passions qu’il faudrait dompter. Elle nous oblige à reconsidérer l’histoire de l’Occident, et à repenser l’homme.
Si le sol de nos certitudes est ainsi ébranlé d’une manière décisive, dans quelle « maison » pouvons-nous vivre désormais ? Fabrice Midal nous fait entendre la parole de Nelly Sachs et de Paul Celan : la « cabane » dans laquelle nous séjournerons ne pourra plus annuler notre exil.
Fabrice Midal, philosophe, est l’auteur de plusieurs ouvrages marquants, dont Risquer la liberté (Seuil, 2009) et Pourquoi la poésie ? (Pocket, 2010).
Danielle Moyse La Croix | Fabrice Midal tente à la fois de reconstituer l’histoire brisée de sa famille, dont seuls quelques membres ont échappé à l’extermination, et de faire apparaître la spécificité du lien que le nazisme a entretenu avec le mal, en se demandant si nous sommes désormais libres de ce lien. |
Robert Redeker Marianne | Auschwitz s'insère dans une catastrophe beaucoup plus vaste, qui a de l'avenir : la biologisation de l'homme, dont l'eugénisme, négation de la vulnérabilité de l'être humain, n'est qu'un aspect. Ainsi se formule l'inquiétant résultat du travail de pensée mené par Fabrice Midal sur cet irreprésentable soleil noir, la Shoah. |
Charles Wright La Vie | Ce livre est d'abord une histoire intime de la Shoah. De façon pudique, dans une économie de mots, l'auteur en révèle les répercussions sur sa famille son identité et son propre nom. Mais au-delà de cet éclairage biographique, l'ouvrage recèle une grande portée philosophique. |
Pascale Senk Le Figaro | Penser le passé sans jamais chercher à le diminuer ou à l'effacer, en osant chercher l'inhumanité toujours à l'oeuvre dans notre présent. C'est l'option choisir par Fabrice Midal, qui signe un témoignage intense mêlant l'histoire de sa famille juive polonaise et sa traversée intérieure personnelle. |
Philippe Nassif Technikart | Midal éclaire d'une manière inquiétante la tonalité spirituelle de notre temps. |