Que signifie le renouveau de la piété des immigrés maghrébins et de leurs descendants depuis les années 1980 ?
À partir d’une longue enquête à Clichy-sous-Bois, Hamza Esmili retrace la manière dont ceux-ci ont réinvesti la tradition islamique, en réponse à un impératif inédit : établir le fil de la transmission avec la première génération qui naît dans des cités reléguées à la marginalité. Loin de l’archaïsme ou de la simple revendication identitaire, l’islam qui s’élabore ainsi à l’ombre des tours est le fait d’une réaffiliation religieuse choisie, fondée sur une piété individuelle et la relecture commune de l’expérience migratoire.
Cet ouvrage propose une histoire de l’immigration attentive à la vie morale des immigrés et de leurs enfants, et à leur capacité d’invention. Car l’islam d’après l’exil n’interroge pas seulement la société d’accueil ; il fait évoluer la tradition musulmane elle-même, en proposant une espérance de salut à la mesure du vécu historique des fidèles. Cet idéal de justice ne trouve pourtant pas d'accomplissement politique, provoquant une crise collective durable.
Un point de vue inédit sur la question religieuse dans la France actuelle.
Hamza Esmili est socio-anthropologue, maître-assistant à l’Université de Lausanne. Ses travaux interrogent la vie théologico-politique des groupes sociaux. Il a publié La Cité des musulmans (Amsterdam, 2025).
Couverture : Dia al-Azzawi, Blue-Night (détail, 1980), coll. privée © ADAGP, 2026