Actes de la recherche en sciences sociales, n° 241. Moraliser le capitalisme ou capitaliser sur la morale ? Collectif

Paru le 01/04/2022

Depuis la fin des années 1990, les entreprises ont développé des formes internalisées d’action « éthique ». D’abord promues à travers la reconnaissance et la prise en charge d’une « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) en matière de conditions de travail de leurs sous-traitants ou d’interventions sur des questions de société, ces formes d’action se sont ensuite diversifiées. Les années 2000 et suivantes ont en effet vu se multiplier les politiques d’égalité professionnelle, de diversité, de mécénat de compétences, de bénévolat d’entreprise ou d’intégration des enjeux environnementaux. Ce sont finalement autant d’objectifs éthiques qui ont été intégrés au management des firmes et se sont vus pris en charge par des dispositifs de gestion cherchant à les contrôler, les mesurer, les optimiser, les afficher. La particularité de ce management de l’éthique est d’incorporer la morale dans le modèle économique des entreprises, tout en continuant à revendiquer la recherche de profit.
Ce numéro interroge les dispositifs qui font exister cette équivalence entre morale et profit, en partant de celles et ceux qui les mettent en œuvre : s’agit-il, pour ces professionnels, de « moraliser » le capitalisme, de capitaliser sur la morale ou d’articuler – et dans quelles conditions – recherche du profit et quête de la vertu ?
Les articles rassemblés montrent le travail effectué par ces travailleurs et travailleuses de la vertu, aux propriétés sociales particulières, pour faire tenir ensemble des éthiques opposées, dont l’équivalence n’est pas donnée. Ils permettent également de comprendre comment cette évolution du capitalisme contribue à transformer les causes morales que celui-ci endosse.

Revues
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Collection : Actes de la recherche en sciences sociales
Format : Broché
Pages : 112
EAN : 9782021487718 16.20 € TTC